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Tourisme – Vers la sécurisation de la destination Nosy Be

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Face à l’insécurité qui nuit au tourisme, la commune urbaine de Nosy Be envisage de prendre des mesures tendant à apaiser la crainte des touristes. Il sera instauré une police du tourisme.

Après la  fermeture de l’usine Sirama et  la Pêcherie Nosy Be, le secteur tourisme est la principale activité du district de Nosy Be. Cette filière a fait vivre la majorité de la population Nosybéenne, et les revenus générés ne cessent d’augmenter. En outre, l’attrait touristique de l’île constitue un atout majeur qui justifie l’accroissement du nombre des touristes, venus  massivement pour découvrir ses richesses naturelles. Tout cela indique que le tourisme est devenu la première industrie de l’Île aux parfums toute entière. Le secteur est en fait l’un des principaux leviers de l’économie de la région Diana.

Cependant, ces dix derniers mois, la problématique sécuritaire sur le territoire semble engendrer la baisse de l’affluence touristique. Dès le 14 avril 2018, l’agence consulaire a avancé des chiffres alarmants correspondant à l’insécurité régnant à Nosy Be. Elle a ainsi enregistré sept agressions physiques de ressortissants français résidents et non-résidents. Les agresseurs, en majorité armés de coupe-coupe, ont visé les sacs contenant des liquidités. Tous ces vols à la tire se sont passé dans le quartier Madirokely ou ses environs, un endroit réputé mondialement par son animation et le plus fréquenté par les « vazaha » (étrangers).

« Compte tenu de cette forme d’insécurité qui pourrait nuire à l’image de la destination Nosy Be, étant une vitrine de Madagascar de par son renom en termes de  sécurité, de salubrité et de l’accueil chaleureux de la population. Nous craignons que ce genre d’acte impactera le secteur dans un futur proche. En effet, la communication engendrera ce fait si nous ne prenons pas nos responsabilités face à la situation ». C’est un extrait de la lettre d’Alain Schmaltz, adressée aux autorités compétentes locales.

Police du tourisme

Devant cette situation qui peut ternir une nouvelle fois l’image de Nosy Be et afin d’éviter que l’île soit en mal de touristes internationaux, la commune urbaine de Nosy Be, en collaboration avec la préfecture et l’Office de tourisme, a pris le taureau par les cornes afin de redorer le blason de cette île paradisiaque et de rassurer les étrangers qui veulent y séjourner. Pour sortir du marasme, le maire Ali Aboudou a promis des mesures très concrètes, avec des moyens renforcés en matière de sécurité. Ces mesures ont été déjà dévoilées fin janvier dernier, lors d’une réunion avec les responsables et autorités locaux.

Pour eux, le volet sécurité est actuellement ultrasensible à Nosy Be. Il faut rassurer les touristes qui y viennent. C’est pour cette raison que la commune urbaine n’a pas négligé les doléances reçues. Elle est prête à collaborer avec tout  le monde afin de préserver la destination Nosy Be.

Concrètement, la mise en place d’une police touristique sera la meilleure arme. Le projet est déjà sur les rails car la commune va se procurer d’une voiture 4×4, avec un financement propre, dans le but de mettre à la disposition de cette nouvelle structure prochainement hébergée dans l’île.

« Après les évènements malheureux de ces derniers mois, il est urgent de sécuriser la  destination en créant la police de tourisme. Nous devons lui coller une image positive pour éviter que les gens désertent nos plages et nos sites touristiques », a souligné le maire, tout  en précisant que l’argent perçu sur la taxe de séjour des touristes permettra à la commune d’acheter cette voiture tout-terrain d’une valeur de 90 millions d’ariary, ainsi que  de se procurer d’autres équipements comme un rouleau compacteur, vingt futs  de goudron…

Il est bien de noter au passage que les éléments de la  police touristique pourraient être renforcés par des éléments de la police et de la gendarmerie nationale. De même, leurs rémunérations pourraient être couvertes grâce à un accroissement de la taxe de séjour.

Des agressions violentes

Selon la note de ladite agence, en date du 1er février 2019, la plupart des victimes ont  été sauvagement agressées, avant que ne soit  exigé l’argent. Certaines garderont des séquelles physiques importantes, tandis que d’autres ont  nécessité une évacuation sanitaire à  La Réunion, comme Olivier  Ledieu, un ressortissant français non résident qui a subi une agression physique sur la plage de Madirokely le 6 janvier dernier alors qu’il revenait d’une soirée Chez Tatie Chris vers 23h30. Son avant-bras a été brisé, sans parler des fractures au crane et des coupures diverses sur tout son corps et son visage. Le cas récent s’est déroulé le 27 janvier dernier sur la plage d’Andilana.

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